La vieillesse est une étape de l'existence pendant laquelle chacun doit pouvoir poursuivre son épanouissement.
L'apparition de la dépendance, quand elle survient, se fait à un âge de plus en plus tardif. Les actifs d'aujourd'hui seront les retraités de demain, et ceux-ci seront les personnes âgées d'après-demain. Le bénéfice de ces années gagnées sur l'âge doit permettre à nos concitoyens âgés, handicapés vieillissants, de continuer à exercer leurs droits, leurs devoirs et leurs libertés.
Elles doivent aussi garder leur place dans la cité, au contact des autres générations, dans le respect de leurs différences. C'est ainsi que toute personne âgée, dépendante ou non, handicapé adulte, conserve la liberté de choisir son mode de vie. Elle doit pouvoir profiter de l'autonomie permise par ses capacités physiques et mentales, même au prix d'un certain risque. Il faut donc l'informer de ce risque et en prévenir l'entourage.
Le rôle de conseil de la Famille en général et des proches, tiers concernés ou professionnels en particulier, revêt une grande importance.
Mais si l'entourage est absent ou défaillant, une préconisation devra, à un moment donné, être formulée par des intervenants sociaux qui devront prendre en compte en toute priorité le désir profond de la personne si elle peut l'exprimer, ou à défaut, prendre une décision au sein d'une instance d'évaluation consultative, régulatrice, pluri-professionnelle et multidisciplinaires, à laquelle seraient associées les familles naturelles, ou leurs représentants, les aidants professionnels, familles d'accueil inclues.
Le risque de ne pas entendre le désir formulé, au motif d'un savoir faire et d'une vérité unique, serait alors de codifier autoritairement et de rigidifier une démarche qui ne peut fonctionner que dans la souplesse de ses formules de prises en charge, ou encore de privilégier le seul aspect comptable des choses. Il ne faut donc pas hésiter à bousculer les routines, faire preuve d'humilité, et construire ensemble un projet de vie, d'accueil, où la personne âgée ou handicapé adulte demeurera l'acteur de sa propre vie.
C'est au prix de ce respect du LIBRE CHOIX, par l'élargissement de la palette des offres d'hébergement, du collectif à la petite unité de vie que se construira et se maintiendra le lien social indispensable à toute société solidaire à l'écoute de ses citoyens fragilisés par l'âge, l'handicap et la dépendance.
Lorsqu'il sera admis par tous, que les personnes âgées et handicapés adultes ont droit au respect absolu de leurs libertés d'adulte et de leur dignité d'être humain, l'esprit de la charte de la personne âgée dépendante pourra être appliqué. |
Il existe beaucoup de raisons objectives pour lesquelles des personnes ou des institutions veulent et devraient changer : développements externes à ces institutions, non satisfaction de leur propre situation, problèmes financiers, d'organisation, de nouvelles opportunités, etc…
Toutes ces raisons de changer sont légitimes. Il ne faut pas hésiter à innover, bousculer l'immobilisme.
Les argumentations présentées par l'UNAFA, depuis 1994 dans ses dossiers et ses entretiens sont innovantes. En ce sens, que nous, les personnes qui les développons, avons commencé tout d'abord par regarder notre situation, celle des personnes âgées et / ou handicapées adultes accueillies sous notre toit, puis analysé et réfléchi à l'accompagnement d'un projet de vie rarement élaboré avant le placement, et aux exigences allant bien au-delà des obligations prévues par la Loi du la juillet 1989.
La nécessité de se doter d'une charte de l'accueillant est apparue, qui doit s'établir à partir de l'acceptation d'une éthique, d'un engagement réciproque entre l'accueillant et l'accueilli, entre l'accueillant et les partenaires sociaux.
Cela ne pourra se faire que si une relation de confiance s'instaure entre les parties impliquées dans l'accueil. Dès lors, l'ensemble des partenaires définira, cadrera, délimitera, et organisera :
- la mission de la famille d'accueil - projet de vie,
- l'engagement éthique et des valeurs à respecter,
- les éléments matériels de la contractualisation de la relation,
- les obligations morales, la volonté de donner du sens à l'échange, l'intégration dans le cadre de vie familial et personnalisé,
- le réseau régulateur de soutien et d'accompagnement de l'accueilli et de l'accueillant.
Si l'UNAFA adhère totalement à cette évolution des comportements, des mentalités, en raison de la nécessité pour les familles d'accueil de se doter d'un "label de qualité" nous considérons inopportun d'imposer une telle charte avant même de savoir·s'il existe une volonté politique à vouloir reconnaitre l'existence professionnelle et sociale des familles. Il nous parait raisonnable de différer un tel engagement, el déraisonnable d'ajouter aux difficultés actuelles des contraintes nécessitant un engagement total des familles sur le plan moral et matériel.
L'absence de considération du métier pratiqué, par le maintien d'une précarité de droits sociaux refusés, la volonté manifeste d'occulter l'existence de l'alternative de l'accueil familial dans les solutions d'hébergement offertes aux personnes âgées et handicapées, le déroulement des contrôles et suivis médico-sociaux menés trop fréquemment de façon arbitraire sans respect élémentaire de la dignité de la famille d'accueil, l'existence de rémunérations scandaleuses, les attitudes "pressantes" d'intervenants sociaux et/ou de tutelles dans la fixation autoritaire de Minimum indécents Sous peine d'être rayé de la liste des familles d'accueil et dans l'ingérence de tiers dans la rédaction de la convention de droit privé fixant des obligations physiques, matérielles et morales non prévues par la Loi et ses décrets, sont à ce jour, des éléments qui ne, plaident pas en faveur d'un climat de confiance sereine et donc d'un engagement immédiat.
Les familles sont disposées à accepter une éthique avec certaines contraintes, afin de progresser dans la qualité de l'accueil, dès lors que des mesures positives seront adoptées.
L'UNAFA prend l'engagement de promouvoir alors cette, charte en invitant les familles d'accueil à l'adopter et à l'appliquer. Cette attitude ne signifie pas qu'aujourd'hui les familles sont exonérées d'une éthique. Elles exercent leur métier avec compétence, professionnalisation, dévouement. la charte viendra compléter cette attitude par un engagement responsable librement consenti. |