L'ACCUEIL
À CARACTÈRE SOCIAL OU THÉRAPEUTIQUE
EN MILIEU RURAL
SYNTHÈSE ET RECOMMANDATIONS
A. UNE ACTIVITÉ QUI MÉRITE D'ÊTRE DÉVELOPPÉE
L'étude conduite par le réseau AFIP pendant le premier semestre 1996 a permis de confirmer l'intérêt que présente l'accueil à caractère social ou thérapeutique en milieu rural. Les raisons invoquées peuvent être classées en cinq grandes rubriques.
1. Les petites structures permettent une prise en charge "sur mesure".
Les soignants, les éducateurs ou encore les gérontologues sont nombreux à préconiser une réduction de la taille des structures de vie pour les personnes dont ils s'occupent. Certains évoquent pour ce faire des raisons économiques : les grosses structures permettent moins d'économies d'échelle qu'elles ne génèrent de coûts administratifs et de coûts de fonctionnement. D'autres avancent plutôt des arguments thérapeutiques, éducatifs et éthiques. Par exemple : une plus grande proximité permet une meilleure prise en compte de chaque personne, un meilleur suivi. Ou bien: la plus grande souplesse des petites structures favorise le bien-être, mais aussi l'autonomie des personnes.
2. L'accueil familial en milieu rural enrichit la palette des possibilités de prise en charge.
L'accueil familial en milieu rural ne représente évidemment pas une solution adaptée à toutes les situations, mais quand il est réalisé dans de bonnes conditions, il permet de goûter un rythme et une qualité de vie souvent appréciés.
Tout d'abord, son coût est presque toujours moins élevé que celui des autres formes de prise en charge (cependant, cette situation est parfois exagérée, voire inadmissible) Il peut en outre offrir un cadre de vie très convivial dans un environnement souvent agréable.
Une forte proportion des personnes interrogées ont plus particulièrement insisté sur l'importance du contact avec la nature (éventuellement avec des animaux) et de l'intérêt d'un rapport direct avec des activités variées, souvent plus "lisibles" qu'en ville. Les rythmes agricoles et les différentes techniques artisanales sont à ce sujet fréquemment évoqués. Plusieurs interlocuteurs partagent un point de vue ainsi formulé : "les personnes accueillies sont davantage dans la vie réelle".
Certains effets positifs sont plus spécifiquement évoqués. Par exemple, les enfants sont généralement mieux encadrés dans les familles d'accueil qu'en foyer ; les personnes âgées autonomes ou semi-dépendantes peuvent mieux conserver une vie active; certains handicapés mentaux sont davantage stimulés et développent une activité qui leur est bénéfique; ce type d'accueil est notamment souhaitable pour des personnes d'origine rurale.
Par ailleurs, les situations d'accueil sont variées et peuvent donc correspondre à des attentes diverses.
Certaines de ces situations correspondent juste à une forme de vacances. Ainsi, des personnes âgées, des convalescents ou des personnes en traitement peuvent séjourner dans une famille pendant un week-end, une semaine ou quelques semaines, sans autre projet que de se reposer tout comme le ferait un touriste.
D'autres situations d'accueil s'inscrivent en amont et en aval d'une démarche thérapeutique ou éducative. Il n'est pas demandé à la famille de se comporter autrement que d'habitude, mais le séjour doit permettre à la personne accueillie de faire le point, de prendre du recul, de s'aérer. .. Ces "séjours de rupture" nécessitent un plus grand suivi de la part des institutions placeuses.
Un autre type d'accueil est en lui-même explicitement thérapeutique ou éducatif : les accueillants doivent être formés à la prise en charge provisoire d'un adolescent en difficulté d'insertion ou d'un malade mental. Le suivi des institutions placeuses doit en ce cas être encore plus important.
Enfin, certains séjours sont envisagés comme devant être à long terme, voire permanents. C'est le cas pour certaines personnes handicapées ou pour certaines personnes âgées.
3. Il existe une demande non satisfaite de familles d'accueil.
Les chiffres précis manquent, mais de nombreux observateurs estiment que l'accueil familial progresse très vite. II semble toutefois que cette progression est loin de toujours s'opérer dans de bonnes conditions. De plus, un important potentiel de développement semble subsister.
En effet, ainsi que l'ont affirmé différents interlocuteurs rencontrés par l'AFIP, des établissements de soins, des organismes sociaux ou encore des familles naturelles sont fréquemment en recherche de familles d'accueil dans lesquelles elles puissent avoir confiance.
Les difficultés exprimées par ces "placeurs" (avérés ou potentiels) tournent principalement autour des questions de recrutement. Le manque d'interlocuteurs collectifs oblige à "aller à la pêche", puis à conduire un plus ou moins grand nombre d'entretiens. Or beaucoup de structures ont énormément de mal à se définir des critères de sélection fiables. À l'inverse, d'autres structures savent précisément ce qu'elles recherchent, mais ont tout autant de mal à trouver les familles qui pourraient correspondre à leurs attentes ou à leurs exigences.
Ainsi, l'approche individualisée ne permettant pas de faire connaître largement les attentes de chaque structure placeuse, l'accueil ne se développe pas aussi vite (ni dans d'aussi bonnes conditions) qu'il le pourrait.
Notons enfin que le potentiel de développement identifié est d'autant plus grand que plusieurs structures socio-sanitaires rencontrées par l'AFIP ont exprimé leur intérêt pour une formule qu'elles n'avaient encore jamais expérimentée.
4. L'accueil familial intéresse un nombre croissant de ruraux.
S'ajoutant à un caractère résidentiel de plus en plus affirmé et parallèlement à l'accueil touristique et à l'accueil pédagogique, l'accueil à caractère social ou thérapeutique constitue une très importante composante de la fonction "accueil" du milieu rural. Les statistiques officielles font malheureusement défaut, mais de nombreux indicateurs montrent que le nombre de familles d'accueil n'a cessé de progresser au cours des années passées
Reflétant à la fois une progression constante des besoins en matière socio-sanitaire et un intérêt croissant pour les petites structures, ce type d'accueil offre il est vrai d'intéressantes perspectives d'emploi. II permet en particulier de travailler à domicile et, éventuellement, de mieux valoriser un patrimoine bâti.
Certains agriculteurs entendent ainsi diversifier leur activité, mais ils sont loin d'être les seuls à proposer leur hospitalité. Notamment, un nombre croissant d'anciens éducateurs et d'anciens soignants entendent "vivre et travailler à la campagne" en expérimentant une prise en charge moins institutionnelle des personnes en difficulté.
Par ailleurs, l'emploi du masculin dans le paragraphe précédent ne doit pas induire en erreur : l'accueil reste majoritairement réalisé par des femmes. Il convient toutefois de noter qu'il correspond de plus en plus souvent au projet personnel et professionnel d'un couple.
5. L'accueil familial en milieu rural présente également un intérêt en termes de développement et d'aménagement du territoire.
D'ores et déjà constatée, mais également attendue pour les années à venir, la progression de l'accueil à caractère social ou thérapeutique peut utilement contribuer à une meilleure répartition des activités sur l'ensemble du territoire. En effet, même quand elles sont éloignées des villes, les zones rurales bénéficient en ce domaine de divers atouts.
Tout d'abord, une double dimension familiale et villageoise est considérée comme particulièrement intéressante pour l'accueil de certaines catégories de personnes. Par ailleurs, une moindre densité de population et un environnement moins artificialisé que celui de la ville séduisent de nombreux publics. Ceci n'élude évidemment pas la question de l'accessibilité, mais certains espaces dépourvus d'atouts flagrants peuvent ainsi se trouver une nouvelle "vocation". Enfin, toujours par rapport à la ville, les campagnes ont en moyenne des logements plus grands et affichent une proportion beaucoup plus importante de maisons individuelles de plain-pied. Les investissement nécessaires à un accueil social ou thérapeutique s'en trouvent souvent réduits et peuvent parfois être également amortis par une activité touristique.
Ainsi, l'accueil à caractère social ou thérapeutique constitue une source possible d'activités diffuses particulièrement bienvenues pour les zones rurales : outre les emplois qu'il permet directement de créer ou de conforter, ce type d'accueil peut avoir un effet plus ou moins important sur le tissu local (achats réalisés par ou pour les personnes accueillies, recours au secteur médical et para-médical, utilisation des moyens de transports, participation aux activités socio-culturelles... ).
Sommaire
B. DES PROBLÈMES À RÉSOUDRE
L'étude réalisée par le réseau AFIP a confirmé l'intérêt que peut présenter l'accueil familial mais elle a aussi permis de mieux cerner certaines limites de son actuel développement.
1. Un statut souvent insatisfaisant
Si, pour l'accueil de personnes mineures, le statut des assistantes maternelles est clairement défini, tel n'est pas le cas en ce qui concerne l'accueil d'adultes et, plus particulièrement de personnes âgées ou de malades mentaux. D'un département à l'autre, mais aussi d'une institution à l'autre, les modalités d'agrément, les rémunérations et les conditions de travail sont extrêmement diverses, et généralement très désavantageuses pour les familles d'accueil.
II en résulte que nombre d'entre elles se plaignent d'être mal rémunérées compte tenu des obligations qui leur sont imposées. Certains points sont plus particulièrement évoqués : la nécessité d'une présence continuelle (24 heures sur 24 et, dans un nombre non négligeable de cas, 365 jours par an) ; la négation fréquente du droit aux congés payés; l'arrêt de toute rémunération en cas de chômage ...
Par ailleurs, dans la plupart des cas, la fonction d'accueil est très mal identifiée. Les rôles ne sont guère explicités au sein de la famille d'accueil (c'est souvent une femme qui prend en charge cet accueil, mais le reste de la famille est bien évidemment concerné). De plus, les tâches attendues ne sont pas souvent très bien précisées (simple gestion du quotidien ? participation à la vie de la famille? animation? suivi thérapeutique ou éducatif ?...).
2. Un manque d'appui de la part des institutions
Les personnes accueillies sont parfois en grande détresse, ou difficiles à supporter. L'équilibre de la famille d'accueil peut même en être remis en cause. Pourtant, les relations entre les structures "placeuses" et les familles d'accueil sont fréquemment limitées au strict minimum. Dans bien des cas, les familles doivent gérer des situations très impliquantes sans appui et sans possibilité de prise de recul.
De manière générale, le caractère trop peu structuré de ce secteur d'activité fait que de très nombreux accueillants se plaignent en particulier d'un manque de formation adaptée et, surtout, d'un manque de soutien.
3. Une image parfois négative
La sous-rémunération des familles d'accueil trouve parfois son pendant dans l'exploitation des personnes accueillies. Les contrôles sont en effet trop rares et trop peu pertinents pour combattre efficacement tout ce qui compromet le bien-être matériel, la sécurité affective ou la dignité de ces dernières. Plus généralement, l'accueil familial reste une activité méconnue Au plan local, il arrive que les gens accueillis soient perçus avec méfiance ou hostilité par le voisinage.
Enfin, de nombreuses structures thérapeutiques, éducatives ou judiciaires n'incluent pas l'accueil familial en milieu rural dans la palette de leurs possibilités de prise en charge Beaucoup regrettent de ne pas pouvoir le faire faute d'interlocuteurs identifiés en milieu rural. D'autres évoquent certaines limites intrinsèques au milieu rural (problèmes de déplacement, manque d'activités sociales et économiques, manque de structures-relais.) ou une qualité trop aléatoire de l'offre d'accueil (des familles sont insuffisamment formées, manquent de recul, ne fournissent pas une prestation satisfaisante…)
Sommaire 
C. LES HYPOTHÈSES DE TRAVAIL DE L'AFIP
Le réseau AFIP estime que le développement dans de bonnes conditions de l'accueil à caractère social ou thérapeutique passe par une organisation à la fois plus transparente et plus collective de cette activité.
1. Clarifier les conditions d'exercice de l'accueil
La définition d'un statut correct pour l'ensemble des familles d'accueil ne bénéficiera pas qu'à ces dernières mais également aux personnes accueillies et aux familles naturelles ou aux structures "placeuses". Il convient sur ce plan de soutenir le combat mené en ce sens, notamment par l'Union nationale des associations de familles d'accueil (UNAF A).
L'amélioration de ce statut doit permettre d'assurer un meilleur financement et une meilleure rémunération de l'accueil, mais il doit également permettre d'améliorer les conditions d'exercice de cette activité. Des dispositions nouvelles doivent par exemple être prises en matière de protection sociale, de droits au congé, d'accès aux Assedic, de retraite, de droit à la formation ...
2. Mieux structurer l'offre d'accueil
Le rapport élaboré par l'AFIP évoque plusieurs exemples de structuration de l'offre d'accueil. Sans aucunement nier l'intérêt que présentent les efforts de coordination réalisés directement par certains organismes départementaux ou par certains établissements socio-sanitaires, nous souhaitons plutôt préconiser une certaine auto-organisation des familles. Un tel objectif suppose que se constituent des réseaux de familles d'accueil.
Ces réseaux doivent notamment rendre plus lisible l'offre d'accueil existante. En effet, l'émergence d'un interlocuteur collectif ne peut que faciliter les recherches des familles naturelles ou des organismes qui souhaitent placer une personne.
Par ailleurs, l'existence de tels réseaux facilite l'organisation:
- de réflexions collectives entre accueillants sur les difficultés qu'ils rencontrent (gestion du quotidien, problèmes relationnels avec la personne accueillie ou l'entourage...) ;
- d'un appui régulier aux accueiI1ants de la part de personnes extérieures (psychologues, thérapeutes, éducateurs...) ;
- de sessions de formation adaptées aux besoins réellement existants ;
- de services d'entraide ou de remplacement ;
- d'activités collectives (récréatives, culturelles, ludiques, de découverte) au profit des personnes accueillies ...
Enfin, dans le prolongement de ces réseaux, des structures "interfaces" doivent permettre de mieux ajuster l'offre et la demande d'accueil, en tenant compte par exemple des souhaits de chacune des parties concernées (la personne accueillie, la famille naturelle, la famille accueillante, la structure placeuse). Ces instances peuvent en outre se charger de promouvoir l'activité d'accueil, notamment en recrutant de nouvelles familles et de nouvelles structures ou familles placeuses ...
II paraît souhaitable que cette activité "interfaces" ne soit pas exclusivement confiée ni à des familles d'accueil ni à des "placeurs" : une gestion paritaire, voire incluant des tiers, semble au contraire offrir de meilleures garanties pour une bonne prise en compte des intérêts de chacune des parties concernées.
Sommaire 
LE REGARD DE L'U.N.A.F.A.
L'UNAFA ose penser que l'accueil familial a un bel avenir devant lui si tant est que l'on souhaite réellement développer cette alternative d'accueil.
C'est pourquoi la professionnalisation des familles d'accueil paraît tout à la fois centrale et complexe, en tant que processus collectif de reconnaissance par le corps social d'une activité. Cette professionnalisation, qui est en jeu, ne saurait être sans reconnaissance légitime du métier exercé par les familles d'accueil, alliée à un savoir-faire, un savoir être, des compétences acquises initialement et en formation continue. Autrement dit, le dispositif de formation va dépendre directement de la conception que se font les différents partenaires de l'accueil familial et de sa place, actuelle et surtout future, dans le dispositif d'accueil et de prise en charge des personnes âgées et ou handicapées. Cela signifie également que la formation ne saurait à elle seule, mener à la professionnalisation, et que d'autres éléments, comme la rémunération élément essentiel d'une formation valorisante et reconnue, sont nécessaires.
Or aujourd'hui, l'accueil familial en tant que pratique sociale est encore mal repéré dans le dispositif d'offre de services en direction des personnes âgées et/ou handicapées et de fait, il n'existe pas une conception unitaire et partagée de l'accueil familial ni de consensus sur le métier d'accueillant familial.
Les différents acteurs ont été interrogés sur leur positionnement vis à vis de la poursuite de l'institutionnalisation de cette forme d'accueil et sur le déroulement de cet accueil, sur les besoins, les demandes et parallèlement, sur la professionnalisation des accueillants.
Du côté des associations ou institutions gestionnaires, la professionnalisation apparaît essentielle, car elle aiderait les accueillants à ne pas se poser en familles de substitution.
Du point de vue des associations de familles, la professionnalisation est également souhaitée, car elle permettrait de lutter contre l'usure et constitue la base de la légitimation de ce mode d'accueil.
Quant aux familles d'accueil elles-mêmes, la professionnalisation de leur activité est revendiquée, même si l'aspect formation n'est pas spontanément mis en avant. Mais elles demeurent suffisamment responsables pour savoir que si elles désirent être reconnues, il leur faudra acquérir des compétences par une formation.
Enfin c'est du côté des conseils généraux que les positions apparaissent plus nuancées, notamment par crainte des incidences financières notamment dans le cadre de l'accueil des handicapés adultes où persiste la confusion de gestion pour les handicapés se rendant en CAT, ATELIER PROTEGE ou FOYER OCCUPATIONNEL. Dans ces cas particuliers la fixation d'autorité du coût d'accueil est appliquée au détriment de l'accueillant familial qui n'a pas son mot à dire. Il s'agit en effet de réduire "la facture sociale du département" en répartissant entre l'accueillant et les services le montant de l'aide accordée à ces services. Le constat est flagrant lorsqu'il s'agit pour les conseils généraux d'attribuer un montant de la PCH (prestation de compensation pour handicapés) : diminution systématique de ¾ du montant de cette PCH si l'on est en accueil familial. Nous retrouvons le même comportement pour ce qui concerne l'APA, les sujétions particulières. Les conseils généraux mangent la laine sur le dos des accueillants familiaux.
Pour notre part, nous sommes partis du principe que la professionnalisation était nécessaire et souhaitable, compte tenu de l'impératif de qualité du service à apporter à l'accueilli. Dans cette perspective, il semble important et utile de proposer à l'accueil familial un cadre référentiel qui pourrait être pensé ainsi :
- une éthique, un engagement pour une charte de l'accueillant qui permette au-delà des aspects purement réglementaires, tant aux accueillants qu'aux accueillis, de se situer sur un plan éthique,
- un référentiel du métier "d'assistant en accueil familial", outil de base pour l'élaboration d'un dispositif de formation adapté.
Sommaire 
LA CHARTE DE l'ACCUEILLANT
Quels peuvent être les principes applicables à l'accueil familial?
- LA MISSION
- UNE OBLIGATION DE MOYENS,
- LA PROMOTION DES DROITS,
- UNE RELATION D'ORDRE CONTRACTUEL,
- UNE APPROCHE GLOBALE.
1.1. – La mission
L'accueil familial relève du champ de l'accompagnement social à destination de personnes fragilisées sur le plan psychologique, physiologique ou social. Leurs situations peuvent revêtir des problèmes multidimensionnels : logement, rupture familiale, mobilité, santé, isolement, repli sur soi, perte de repères sociaux ... pouvant se cumuler et se renforcer les uns et les autres, et finir par compromettre leur autonomie.
L'une des missions de l'accueil familial, en tant que pratique relevant de l'accompagnement social, vise à réhabiliter les personnes en tant que citoyens dans l'ensemble de leurs droits.
En ce sens, l'accompagnement n'est pas un objectif en soi, mais un moyen vers une réinsertion dans la vie sociale.
2.1.- Une obligation de moyens
Les principes de référence et les engagements des accueillants contenus dans la charte renvoient, au-delà de leur caractère solennel, davantage au terrain qu'à la théorie. Ils permettent de préciser la vraie nature de leur responsabilité qui se situe en terme d'obligation de moyens et non pas de résultats. Une telle charte, librement consentie et non imposée, peut alors servir de document de référence permettant d'assurer la gestion du quotidien et de fixer le cadre des pratiques d'intervention sociale basées sur les droits fondamentaux des personnes.
3.1.- La promotion des droits
Pour les personnes accueillies, le plein exercice de la citoyenneté suppose une participation active à la vie de la famille d'accueil, et de façon plus large, et selon son état physique et/ou mental, à la vie sociale locale. Pour ce faire, le monde d'intervention doit s'appuyer sur :
- une relation interpersonnelle entre accueillants et accueillis, fondée sur la confiance mutuelle,
- une éthique d'engagement réciproque entre ces personnes, établie sur une démarche volontaire et permettant à chacun de faire des choix responsables.
4.1.- Une relation d'ordre contractuel
Cette charte renvoie à une relation contractuelle, fondée sur le libre consentement des parties, légal et constitutif de tout contrat, et sur l'engagement source d'obligations morales, matérielles, financières réciproques et librement négociées et acceptées, sans ingérence de tiers non concernés et non signataires du contrat. La charte, comme le contrat qui la prolonge, reprend à minima les prescriptions officiellement définies par la réglementation nationale et départementale.
5.1.- Une approche globale
La situation des personnes accueillies doit être prise en compte globalement au travers d'une démarche d'accompagnement fondée sur l'écoute, le soutien et le partage et ne peut être garantie que par l'inscription de ces pratiques dans une organisation en réseau. La légitimité des accueillants repose sur le suivi de l'intervention et les moyens qui y sont affectés, notamment en termes de formation. La pratique de l'accompagnement social renvoie à une démarche qualité où s'inscrit naturellement l'accueil familial. Les accueillants sont de véritables professionnels du travail social avec un statut qui ne saurait qui ne saurait se limiter au bénévolat ou à l'abnégation.
Après le référentiel "qualité" ou "label de garantie", le référentiel du métier d'accueillant.
C'est l'objectif général de l'intervention "professionnelle" de la famille d'accueil. C'est une de ses missions. Il décrit le sens, le service attendu, les responsabilités attribuées à l'accueillant.
Le référentiel d'activités
Que l'on peut définir comme étant des ensembles identifiables, complets et homogènes d'opérations concourant à un même objectif.
Le référentiel des compétences
Un savoir-agir responsable et validé dans un contexte professionnel. Ces compétences se répartissent en 3 types : les savoirs (ensembles de connaissances théoriques et techniques), les savoir-faire (qui relèvent de la mise en application des savoirs) et les savoir-être ou aptitudes de l'ordre du personnel et du relationnel.
Le référentiel de formation
Il retrace à la fois les contenus ou programmes, les modalités organitionnelles et le système d'évaluation et de suivi à mettre en place pour que soit assuré le degré souhaité de maîtrise des compétences.
1) le référentiel d'activités : articulé autour de 4 dimensions
Héberger, accompagner, prendre soin, travailler en réseau.
2) le référentiel des compétences :
faire preuve d'une capacité d'écoute et de négociation, maîtriser les domaines de l'hygiène et de la sécurité, savoir travailler en réseau, gérer et organiser son accueil.
3) le référentiel de formation : sur des objectifs pouvant déboucher dans un premier temps sur les principes suivants :
- une formation obligatoire effectuée, pour partie, préalablement à l'agrément, une formation continue pour faire progresser la qualité de l'accueil.
- un référentiel partagé par l'ensemble des acteurs (cahier des charges) où les attributions et les limites de chacun seront précisées, et la mise en place d'une procédure d'agrément des actions de formation (sous forme de modules répondant au questionnement des accueillants, aux exigences des attitudes et comportements à adopter selon la spécificité de l'accueil pratiqué,
- et enfin par la mise en place d'un système de reconnaissance ou de certification de la formation dispensée avec ouverture de passerelles vers d'autres formations éventuellement souhaitées par l'accueillant.
Une autre stratégie, plus ambitieuse, consisterait à s'appuyer directement sur le CAFAD comme diplôme de base de l'exercice du métier. Si cette solution présente l'avantage d'inscrire pleinement l'accueil familial dans le cadre général de l'aide à domicile, en convergence avec le débat actuel sur les services et emplois de proximité, on peut par contre s'interroger sur sa faisabilité, compte tenu des investissements financiers qu'elle suppose et des dernières orientations des pouvoirs publics.
Il est essentiel de rappeler que le diplôme d'état est la seule garantie de reconnaissance d'une formation. Cela a été un des objectifs lors de la création du CAFAD en 1988 : former au même diplôme les aides ménagères (intervenant auprès des personnes âgées), les auxiliaires de vie (intervenant auprès des personnes handicapées) et les travailleuses familiales (intervenant auprès des familles).
Voilà le regard que porte l'UNAFA sur l'accueil familial. C'est une analyse succincte qui mériterait d'autres débats.
Sommaire 
FONCTIONS FAMILLE D'ACCUEIL PA, PH
Il faudra permettre aux familles d'accueil de développer des capacités à :
Aider la personne accueillie à rester actrice de sa propre vie
Accueillir - Soutenir - Prendre soin - Travailler dans un environnement
Accueillir, c'est :
- Identifier ses motivations pour ce travail et formuler son propre projet en prenant en compte la réalité de sa vie familiale.
- Connaître la personne accueillie dans ses particularités (différents types de handicaps /vieillissement physiologique et psychologique / prendre en compte son histoire) et formuler un projet d'accueil.
- Aménager un espace privé pour la personne dans l'espace privatif de la famille (logement, mobilier ... cadre de vie ... en lien avec son histoire et sa culture).
- Assurer la fonction nourricière de manière appropriée (alimentation...).
- Se préparer à la séparation ou à la rupture (départ, décès...).
Soutenir c'est:
- Maintenir, voire restaurer l'autonomie des personnes (par des activités appropriées et une participation à la vie quotidienne de la famille).
- Instaurer une relation chaleureuse mais distanciée afin d'être à l'écoute des besoins de la personne accueillie.
- Développer des attitudes d'empathie, de respect, de non-jugement.
Prendre soin c'est:
- Préserver sa propre famille pour assurer un accueil de qualité dans la durée.
- Veiller au bien-être physique et psychique de la personne en respectant son intimité et sa dignité.
- Aider à l'accomplissement de gestes quotidiens pour le maintien d'une hygiène corporelle et de vie.
- Prévenir les accidents et veiller à la prise de médicaments.
- Aider aux déplacements devenus difficiles par des gestes adaptés.
- Anticiper les risques liés au vieillissement.
- Accompagner jusqu'à la fin de la vie.
Travailler dans un environnement c'est :
- Participer au maintien des liens avec la famille naturelle selon le désir de la personne.
- Respecter les liens amicaux.
- Aider à l'intégration dans la vie professionnelle des adultes handicapés.
- Inclure la personne dans la vie collective et associative locale.
- Travailler en lien avec les services médicaux, sociaux et des personnes chargées de mesure de protection.
- Rendre compte aux professionnels chargés du suivi médico-social.
- Bien connaître les institutions et les partenaires.
La formation doit donc concilier bien évidemment:
- la prise en compte du public auquel elle s'adresse,
- les nécessaires acquis qu'il convient de lui apporter,
- et pour une part importante, reposer sur l'expression et l'analyse du vécu de chacun.
|
| Document de synthèse réalisé par l'A.F.P.E. |
12 rue du Vau Meno - BP 7008
SAINT BRIEUC
Tel: 02 9678 86 20 Fax 0296788621 |
| |
|
| Validé par le groupe |
GIE Rennes 35
CEAS Saint Brieuc 22
CEAS Mayenne 53
Conseil Général Finistère 29
UNAFA |
Sommaire 
|