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En France, près de deux millions de personnes ont plus de 80 ans (669 200 hommes et 1 301 700 femmes dont 301 120 vivent en maisons de retraite, 50 860 en hôpital long séjour), chiffre en constante augmentation. 8 millions de personnes âgées de 65 ans et plus vivaient à domicile, chez elles ou chez un proche. Près d'un million d'entre-elles ont besoin d'être aidées dans leur vie quotidienne. 800 000 personnes aujourd'hui dans notre pays sont des personnes âgées dépendantes. La vieillesse est une étape de l'existence pendant laquelle chacun doit pouvoir poursuivre son épanouissement. L'apparition de la dépendance, quand elle survient, se fait à un âge de plus en plus tardif. Les actifs d'aujourd'hui seront les retraités de demain, et ceux-ci seront les personnes âgées d'après-demain. Le bénéfice de ces années gagnées sur l'âge doit permettre à nos concitoyens âgés, handicapés vieillissants, de continuer à exercer leurs droits, leurs devoirs et leurs libertés. Elles doivent aussi garder leur place dans la cité, au contact des autres générations, dans le respect de leurs différences. C'est ainsi que toute personne âgée, dépendante ou non, handicapé adulte, conserve la liberté de choisir son mode de vie, son mode d'hébergement. Elle doit pouvoir profiter de l'autonomie permise par ses capacités physiques et mentales, même au prix d'un certain risque. Il faut donc l'informer de ce risque et en prévenir l'entourage. Le rôle de conseil de la famille en général, et des proches, tiers concernés ou professionnels en particulier, revêt une grande importance. Mais si l'entourage est absent ou défaillant, une préconisation devra, à un moment donné , être formulée par des intervenants sociaux qui devront prendre en compte en toute priorité le désir profond de la personne si elle peut l'exprimer, ou à défaut, prendre une décision au sein d'une instance d'évaluation consultative, régulatrice, pluri-professionnelle et multi-disciplinaires, à laquelle seraient associées les familles naturelles, ou leurs représentants, les aidants professionnels, accueillants familiaux inclus. Le risque de ne pas entendre le désir formulé, au motif d'un savoir faire et d'une vérité unique, serait alors de codifier autoritairement et de rigidifier une démarche qui ne peut fonctionner que dans la souplesse de ses formules de prises en charge, ou encore de privilégier le seul aspect comptable des choses. Il ne faut donc pas hésiter à bousculer les routines, faire preuve d'humilité, et construire ensemble un projet de vie, d'accueil, où la personne âgée ou handicapé adulte, demeurera l'acteur de sa propre vie. C'est au prix de ce respect du LIBRE CHOIX, par l'élargissement de la palette des offres d'hébergement, du collectif à la petite unité de vie, que se construira et se maintiendra le lien social indispensable à toute société solidaire à l'écoute de ses citoyens fragilisés par l'âge, l'handicap et la dépendance. Mais le maintien à domicile se fait de manière très différente selon la situation sociale, le degré d'autonomie, la situation géographique et de l'entourage de la personne âgée. De même que quelque soit l'objectif des actions sanitaires ou sociales, afficher des objectifs de solidarité dans ce domaine revient donc à engager un changement de mentalité, c'est-à-dire rompre avec l'image négative du "vieux", et tout au contraire à contribuer à un changement de regard qui valorise le rôle social des personnes âgées, en particulier dans la structuration des familles et la construction de l'histoire et de l'identité de la famille (enfants, petits-enfants). C'est aussi reconnaître leur place dans la commune. Les personnes âgées veulent rester dans l'environnement qui a été celui de leur vie autonome le plus longtemps possible. Elles souhaitent continuer à appartenir à la vie de la commune, et c'est légitime. Cette approche intergénérationnelle et solidaire, interdépendante doit être un élément fondamental pour réduire les difficultés et les handicaps vécus par certaines personnes âgées. Nous avons tous un rôle à jouer, l'État, les conseils généraux, les communes ou les structures de financement de la solidarité nationale comme les caisses de retraite. Mais attention, on ne peut pas imposer aux générations de se mélanger, cela doit être naturel et non pas instauré de manière autoritaire La prise en charge des personnes âgées en perte, ou non, d'autonomie suppose que l'action publique soit pluridisciplinaire : sociale, culturelle, médicale. Les intervenants, les associations de soutien à domicile, présents aux côtés des personnes âgées, handicapées, malades doivent tenir compte de cet impératif. Il s'agit également de reconnaître l'investissement des aidants, familiaux ou professionnels, et les situations particulières de chaque personne âgée dans son histoire et son environnement et nous obliger à largement développer des réponses individualisées, à rendre complémentaires sur un même bassin de vie, le maintien à domicile et les structures d'hébergement. Organiser le maintien à domicile d'un parent implique pour les familles d'avoir à leur disposition des informations et des possibilités de choix quant aux modalités de prise en charge. De même les différents choix à faire doivent partir des souhaits des personnes âgées. En règle générale, les services d'aides au maintien à domicile et les services à domicile peuvent et doivent remplir deux fonctions qu'il convient de ne pas opposer, mais au contraire de rendre complémentaires :
Avant de choisir l'une de ces formules, il est essentiel de bien réfléchir aux différentes fonctions que vous voulez confier à cette personne (gré à gré), à cette association ou organisme (mandataire ou prestataire), et aux responsabilités que vous souhaitez assumer vous-même ou au contraire, déléguer. S'il s'agit d'une situation d'embauche de gré à gré, vous êtes employeur et vous avez la possibilité d'utiliser le chèque emploi-service qui simplifie certaines tâches administratives. Mandataire ou Prestataire : Il existe deux types d'associations agréées, qui si elles interviennent auprès de personnes âgées, dépendantes ou non, doivent être en possession d'un agrément SIMPLE ou de QUALITÉ délivré par la Préfecture du département.
Attention, une association mandataire ne peut encaisser et faire transiter sur son compte associatif le salaire de l'employé, ni prélever sur le compte de la personne aidée le montant du salaire et des cotisations salariales et patronales de la personne "mandatée". Dans toutes les situations, il est bon de rappeler que toute politique de maintien à domicile doit partir des souhaits et du libre arbitre des personnes âgées. Les conclusions d'une étude réalisée pour l'Association des Maires de France "personnes âgées, villes et emplois de proximité" dégagent deux points fondamentaux :
Au cours des dernières années, de nombreuses études ont cherché à identifier les facteurs d'autonomie et la réalité de l'isolement à travers la connaissance des conditions de vie des personnes, de leur environnement et de leurs besoins en matière de maintien à domicile. Il existe une alternative d'hébergement qui se situe entre le maintien à domicile et l'entrée en institution, il s'agit de l'ACCUEIL FAMILIAL qui offre un choix complémentaire de vivre dans un autre "chez soi", lieu de vie à la convenance de celle ou celui qui ne peut ou ne désire plus rester à son domicile, de retrouver, au-delà d'un logement, un cadre de vie chaleureux, à dimension de ses souhaits, tout en bénéficiant de soins et d'attentions individualisés. Qu'entend-t-on par ACCUEIL FAMILIAL dans un sens général ? "Il s'agit de l'accueil permanent, quelques fois temporaire, d'un enfant, ou d'une personne âgée valide ou non et/ou handicapé adulte, de jour et de nuit, pour quelque durée que ce soit, par une famille rémunérée, qui pendant toute la durée d'accueil, assure l'ensemble des soins (sauf infirmiers), le confort, la sécurité, le bien-être et l'accompagnement de la personne accueillie sans que celle-ci lui "appartienne" pour autant". ACCUEILLIR – L'ACCUEILLANT(E) FAMILIAL(E) : L'accueillant familial est celle ou celui qui accepte d'accueillir à son propre domicile un enfant, une personne âgée ou un handicapé adulte pour une période déterminée par contrat. C'est un ensemble social constitué habituellement d'une mère, d'un père, d'enfants d'âges divers, mais peut aussi se limiter à une personne seule, homme ou femme, marié ou non. On peut dire, avec bon sens, dans le contexte actuel, où l'obtention d'un emploi "salarié" même sous-rémunéré, est devenue difficile, qu'il s'agit sans doute de quelqu'un que souhaite travailler pour subvenir à ses besoins personnels. La famille "accueillante" est perçue comme un espace permettant d'éviter la dualité famille-institution (face à face) et permet à l'accueilli de maintenir certains repères, de retrouver un cadre de vie aux contours biens définis à l'intérieur duquel il puisse repérer et trouver ou retrouver une place, se sentir en sécurité. A cet égard, la cellule familiale est un excellent lieu d'accueil avec une structure, une consistance stable, vivant selon un rythme de vie, un ensemble d'habitudes, de règles, un système de valeurs. Mais si les us et coutumes peuvent différer d'une famille accueillante à l'autre, toutes font cependant référence à la même loi de solidarité et d'humanisation. "Jadis" tout était facile, ou presque, et il était habituel dans tous les milieux sociaux de prendre en charge son parent, âgé ou fragilisé par l'handicap, les mères demeuraient généralement au foyer. Les grands-parents habitaient à proximité, chacun, aussi, était moins exigeant pour lui-même. Les personnes avançaient en âge parmi leurs proches. "Aujourd'hui" beaucoup de choses ont changé, l'évolution de la société, des comportements individuels, familiaux, se modifient profondément. Les générations sont dispersées. Les couples de plus en plus nombreux à travailler, nombre de familles ont éclaté et deviennent souvent recomposées ou monoparentales. Chacun se trouve confronté à ce besoin d'un égal épanouissement pour lui-même, sa famille, qui nécessite de faire des choix de mode de vie comportant des dispositions et impératifs pas toujours compatibles entre-eux. La notion du don de soi-même à l'usage du bonheur des autres n'a plus aujourd'hui la même signification qu'hier. Les effets du vieillissement, de l'handicap, avec la lourdeur de certaines prises en charge, mettent en jeu les solidarités familiales. La personne, âgée, fragilisée, handicapée, peut constituer un obstacle à la vie professionnelle, sociale du couple et de l'entourage familial, qui éprouve de plus en plus de difficultés pour maintenir le lien social. Sans pour autant que cela constitue un rejet ou un abandon de son parent, ou proche, chacun peut être amené à réfléchir sur les limites de ses capacités à maintenir un accueil en famille qui risque de créer rapidement des tensions internes, invivables, voire intolérables. Il devient alors nécessaire de penser à réorganiser son mode de vie et prendre les bonnes décisions. Dans la palette des offres d'hébergement, l'ACCUEIL FAMILIAL permet de maintenir le lien, familial, social, entre la famille naturelle, son parent, en suppléant par un accueil qui se veut chaleureux, convivial, sans pour autant se substituer à la famille. Mais il faudra probablement un peu de temps à chacun pour distinguer substitution et suppléance. Il n'est pas choquant de confier son parent en dehors de sa famille naturelle. Il s'est toujours trouvé de tous temps, des personnes, des familles qui souhaitent offrir et partager, avec celle ou celui qui ne peut ou ne désire plus rester à domicile, un hébergement à la convenance de ses souhaits. C'est également à partir de la transparence, de la confiance dans la relation accueillant-accueilli(e), de l'engagement de l'accueillant familial, et des capacités de chacun à se respecter mutuellement, partenaires sociaux inclus, que l'accueil concerné se construira et s'harmonisera. Il n'existe pas de "normalité" dans cette forme d'accueil, c'est à chaque fois particulier, différent, et l'adaptation des uns aux autres ne peut se faire que progressivement, au bénéfice d'un accueil apaisé, serein. Par l'élargissement des formules d'accueil, du collectif au petit lieu de vie, notamment à l'échelon de la commune se doit de conserver avec l'alternative de l'accueil familial une capacité de décision dans les initiatives à prendre en proposant à ses habitants un lieu de vie et un environnement social de proximité, ciment qui scellera et maintiendra le lien social indispensable à toute société solidaire, à l'écoute des besoins de ses citoyens fragilisés par l'âge, l'handicap et la dépendance. Telle est la vocation de l'ACCUEIL FAMILIAL, alternative d'accueil organisée, souple dont le recours dépend des choix faits.
L'ACCUEIL FAMILIAL est une véritable alchimie du partage, de l'affection, des attentions par une présence proche, constante et sécurisante, une relation plus personnelle, une chaleur familiale. C'est encore une activité organisée dans un cadre juridique comportant des mesures de régulations, de suivi, d'accompagnement, et de contrôle s'articulant autour :
L'ACCUEIL FAMILIAL est un vrai métier exercé par des personnes passionnées, professionnelles respectant une éthique, un engagement pour le respect et la dignité des personnes accueillies, dans le cadre d'une interactivité relationnelle d'échanges, où l'intérêt de la personne accueillie demeure au cœur du dispositif mis en place. EN CONCLUSION : Accueillir un enfant, une personne âgée en perte d'autonomie, un handicapé moteur, mental ou social, mobilise un ensemble de motivations qui poussent les accueillants familiaux à entrer dans ce métier. Comme pour toutes les catégories d'âge, l'accueil familial représente une étape dans la prise en charge de l'âge, de la dépendance, de l'handicap. Si cette solution apparaît bien adaptée aux personnes âgées, malgré leur grande fragilité, il est clair que cette alternative doit avoir été réfléchie et préparée à la fois par des professionnels médico-sociaux, par l'accueilli lui-même ou son entourage, ce dernier jouant un rôle essentiel dans cette prise en charge. Cela doit être un travail d'évaluation en équipe, avec le partenariat actif de la famille accueillante qui aura la responsabilité permanente et la continuité de l'accueil. Une charte de l'accueillant est prête qui apportera le "label de qualité" pour les accueillants qui s'engageront à respecter une éthique, un engagement pour le respect et la dignité des personnes accueillies. C'est pourquoi la volonté politique, étatique, départementale ou communale doit clairement s'exprimer pour reconnaître, former et faciliter le développement de ce mode de prise en charge et de ses acteurs.
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